Résumé : "Tu vois, Maman, j'avais raison : nous n'aurons pas été séparés longtemps." Vivre Vite ou le destin d'un petit garçon devenu un ado rebelle, devenu un acteur incandescent devenu un mythe. 

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Mes impressionsJe vais vous raconter une petite anecdote : au tout début des années 90 (je devais avoir 19/20 ans), j'avais l'habitude de me rendre dans une boutique de Nice Etoile (qui malheureusement n'existe plus), La Carterie. Comme son nom l'indique, on y trouvait toutes sortes de cartes et, dans le rayon dédié au cinéma, deux visages me fascinaient particulièrement : ceux de Marilyn Monroe et de James Dean. Un jour où je montrais à ma Maman mes dernières acquisitions, elle se mit à me raconter l'histoire de cet acteur qui l'avait tellement marquée elle aussi, ses films, et toute cette époque où tant de grands mythes allaient éclore. C'est grâce à elle que je suis allée voir dans un tout petit cinéma de quartier (l'Edouard VII, qui n'existe plus non plus) A l'Est d'Eden, Géant et La Fureur de Vivre.

Vous ne serez donc pas étonnés si je vous dis que j'ai dégusté Vivre Vite comme une Madeleine de Proust. Non seulement tous ces souvenirs enfouis dans un coin de ma mémoire et de mon coeur ont refait surface mais plus j'avançais dans ma lecture, plus j'avais la sensation que James Dean et toutes les personnes qu'il a cotoyées prenaient vie au point de de devenirpalpables. 

J'ai énormément apprécié l'originalité dont a fait preuve Philippe Besson qui a pris le parti de raconter la vie de l'acteur de manière chronologique mais en faisant intervenir un narrateur différent dans chacun des chapitres : le principal intéressé bien sûr, sa maman, différents membres de sa famille, mais aussi des personnes célèbres comme Marlon Brando, Pier Angeli, Natalie Wood, etc ... J'imagine l'incroyable travail de recherche et de documentation qu'il a dû faire en amont !

C'est le premier roman que je lis de cet auteur et certainement pas le dernier !

Quelques citations : 

* Je pense qu’on ne survit pas à la mort de sa mère. Bien sûr, on continue à respirer de l’air, à grandir, à sourire. Mais, c’est mort à l’intérieur. On a quelque chose de mort à l’intérieur.

* Cela pèse lourd, une absence. Bien plus lourd qu'une disparition. Parce que avec les morts, c'est commode, on sait qu'ils ne reviendront pas. Tandis que les lointains nous narguent ou nous font espérer.

* Chaque matin, il réclamait des sensations neuves. On aurait dit que sa soif d' inédit était impossible à étancher. Et moi, je m'efforçais de satisfaire chacun de ses désirs.

* Désormais, je ne pense plus qu’à une chose, une seule, devenir acteur. Si je ne deviens pas acteur, autant être rien.
Pas de méprise : je n’ai pas particulièrement envie de voir ma tête sur des affiches, je ne rêve pas de gloire. Non. Simplement, je ressens des vibrations dès que j’enfile le costume d’un autre et que j’invente un mensonge en espérant qu’on va me croire. C’est dans les moments où je joue que je suis au plus près de la personne que je veux être.